MEDEF Actu-Eco de la semaine du 2 au 6 janvier 2012

FRANCE

  • Comptes des sociétés non financières au 3ème trimestre 2011 : des marges toujours inférieures à leur niveau de 2007
  • Demandes d’emploi en novembre 2011 : nouvelle hausse
  • Achats des ménages en novembre 2011 : quasi-stabilité malgré le rebond des dépenses liées à l’automobile
  • Moral des ménages en décembre 2011 : inquiétudes persistantes

ZONE EURO

  • Chômage en Allemagne en décembre 2011 : nouvelle baisse
  • Change effectif de l’euro début 2012 : au plus bas depuis un an

INTERNATIONAL

  • Climat des affaires aux Etats-Unis en décembre 2011 : confirmation de l’embellie conjoncturelle

 

L’INSEE a récemment publié les « résultats détaillés » des comptes nationaux  des sociétés non financières pour le 3ème trimestre 2011.

Au 3ème trimestre 2011, le taux de marge des sociétés non financières s’est stabilisé à 29% de la valeur ajoutée (après un recul de 0,8 point au 2ème trimestre),  taux le plus bas depuis le premier trimestre 1986.
La contraction de l’épargne brute (-1,2%) plus forte que celle des investissements (-0,3%) explique une nouvelle baisse du taux d’autofinancement à 70,6%, (niveau le plus bas depuis le printemps 2009).

La moyenne des trois premiers trimestres 2011 confirme que la situation des entreprises a continué de se dégrader par rapport aux mêmes trimestres de 2010.

En niveau, les marges ont quasiment stagné sur un an (+0,3%), alors que les rémunérations ont augmenté de 4,5%, davantage que la valeur ajoutée.
Plus préoccupant, les marges sont loin d’avoir retrouvé leur niveau de 2007 (-4,3%). Dans le même temps, les  rémunérations ont augmenté de plus de 8%, deux fois plus vite que la valeur ajoutée. 
Ainsi, l’évolution depuis 2007 atteste que le partage de la valeur ajoutée durant la crise, loin d’avoir pénalisé les salariés, s’est opéré au détriment de la profitabilité des entreprises. 

Les données par branche montrent que les marges demeurent inférieures à leur niveau de 2007 dans toutes les activités, à l’exception des services, où elles le dépassent à peine.
 
En pourcentage de la valeur ajoutée, partage de la valeur ajoutée défavorable à la profitabilité des entreprises. Taux de marge et taux de profit avant et après impôt sont inférieurs à leur niveau de 2010, et plus encore à ceux de 2007.

Par ailleurs, l’effort d’investissement (en pourcentage de la valeur ajoutée),  est analogue à celui,  élevé, de 2000… mais la capacité d’autofinancement (épargne brute / valeur ajoutée) est inférieure de près de 25%.

D’où la forte chute du taux d’autofinancement (70,6% au troisième trimestre 2011, contre plus de 90% en 2000…). 


Pour le 3ème mois consécutif,  le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) s’est accru en novembre 2011 : +1,1% par rapport à octobre, soit +29 900 personnes (données CVS-CJO). Sur un an, la hausse a été de +5,2% (+139 800). Avec 2 844 800 personnes au chômage (France métropolitaine), il s’agit du niveau le plus élevé depuis novembre 1999.

Cette évolution du nombre de demandeurs d’emploi recouvre :

  • une hausse accélérée du nombre de demandeurs de 50 ans et plus (+1,5% sur un mois, +15,4% sur un an), à un niveau historiquement élevé (594 300) ;
  • un certain tassement du nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans (-4,9% par rapport au dernier point haut de novembre 2009), revenu à son niveau de l’été 2010 (449 900).


La  consommation des ménages en biens a légèrement reculé en novembre 2011 (-0,1%) après +0,1% en octobre. Sur un an, elle a baissé de -2,1%.

En moyenne, les trois derniers mois connus (septembre-octobre-novembre) s’inscrivent en hausse de +0,1% par rapport aux trois mois précédents (soit +0,3% l’an) et en baisse de -1,4% sur un an, signe de la lourdeur persistante de la consommation des ménages à la fin 2011. La quasi-stagnation des trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents recouvre des évolutions contrastées :

  • une baisse des achats dans le textile-cuir (-9% l’an) et dans l’énergie (-7,6%) ;
  • une forte progression des dépenses liées à l’automobile (+16,1% l’an), dans le marché du neuf comme dans celui de l’occasion, selon l’INSEE.

En décembre 2011, le marché automobile a poursuivi son redressement : les immatriculations de voitures particulières neuves ont progressé de +2,9% sur un mois. Sur un an, elles marquent un repli de 15,1%. Cette baisse a fait l’objet de nombreux commentaires dans la presse mais ne saurait refléter un effondrement du marché :

  • elle résulte d’un effet de base : les immatriculations de la fin de l’année 2010 avaient été exceptionnellement élevées en raison de l’arrivée à échéance de la prime à la casse. Et cet effet de base continuera d’impacter mécaniquement les immatriculations du 1er trimestre 2012 ;
  • les immatriculations de décembre 2011 (près de 186 000) sont supérieures de 5% à la moyenne de celles des mois de décembre des années 1998-2008 ;
  • les immatriculations de l’ensemble de l’année 2011 (2 159 000) dépassent de 4% la moyenne 1998-2008.

L’indicateur synthétique de confiance des ménages est resté stable en décembre
2011
, au niveau qui prévalait en novembre-décembre 2008. Il est en baisse quasi-continue depuis novembre 2010 et très en deçà de son niveau moyen de 2000-2011.

L’inquiétude persistante des ménages qu’il reflète recouvre, dans un contexte économique et financier toujours préoccupant :

  • une stabilité des anticipations de chômage à un niveau supérieur à la moyenne de longue période ;
  • un nouveau recul des anticipations sur leur situation financière personnelle (solde d’opinion à un niveau historiquement bas) ;
  • une quasi – stabilisation des anticipations d’inflation, qui demeurent à un niveau élevé.

La baisse du taux de chômage allemand s’est poursuivie en décembre 2011, atteignant désormais 6,8%, son plus bas niveau depuis 20 ans. Il s’élevait à 7,4% en décembre 2010. Ce bas niveau du chômage est cohérent avec le niveau historiquement élevé de l’emploi total en Allemagne (41,3 millions en novembre).

Par rapport à la moyenne de la zone euro,  l’Allemagne est dans une situation singulière. En effet, la baisse continue de son taux de chômage harmonisé* depuis fin 2009 contraste avec la persistance d’un chômage élevé dans les autres pays de la zone euro (autour de 10%). Les chiffres d’Eurostat font toutefois apparaître un taux de chômage en France un peu inférieur à celui de la moyenne de la zone euro.

*Taux de chômage trimestriel calculé par Eurostat, différent des taux de chômage
nationaux en raison du processus d’harmonisation de concept, de définition et de
méthodologie pour permettre des comparaisons entre les pays. 

L’Allemagne est ainsi engagée dans un  cercle vertueux avec une croissance soutenue en 2011 (3%) grâce à des entreprises compétitives, ce qui explique son niveau d’emploi record ayant permis un taux de chômage historiquement faible et une consommation privée bien orientée en fin d’année.

Mais cette évolution ne doit pas être considérée en dehors de son contexte : l’environnement extérieur de l’Allemagne ne manquera pas d’impacter sa croissance en 2012 (+0,7% selon les dernières prévisions de Coe-Rexecode), compte tenu du poids des pays européens dans ses exportations, ces dernières représentant près de 50% de son PIB.


La baisse du change effectif* de l’euro en cours depuis le printemps 2011 s’est accentuée ces dernières semaines (-10% entre le 4 mai 2011 et le 4 janvier 2012).

*« Le taux de change effectif est le taux de change d’une zone monétaire, mesuré comme une somme pondérée des taux de change avec les différents partenaires commerciaux et concurrents ». INSEE

Par rapport au dollar, la baisse a été de 13% depuis début mai. Début janvier 2012, l’euro est passé sous la barre de 1,30 dollar, son plus bas niveau depuis un an. Sur la même période, l’euro a baissé de 18% par rapport au yen, passant en-dessous des 100 yens, pour la première fois depuis décembre 2000. Par rapport au yuan, il a également baissé, de près de 12% entre avril et décembre 2011, où il valait 8,33 yuans, son plus bas niveau depuis juin 2010.

Cette dépréciation globale de l’euro est bienvenue pour la compétitivité des entreprises de la zone euro, dans un contexte concurrentiel particulièrement contraignant.

Il ne faut néanmoins pas oublier que l’euro est encore loin de sa parité économiquement « réaliste » avec le dollar (1,15-1,20 dollar), qui est d’ailleurs celle avec laquelle l’euro est entré en vigueur (1,17 dollar).


D’après l’enquête auprès des directeurs d’achat,  l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier américain a poursuivi son rebond en décembre 2011. Il est remonté à son niveau de juin 2011.

Dans le détail, les composantes « commandes » et « perspectives de production » ont continué de se redresser, et sont en phase d’expansion depuis trois mois pour les premières et quatre mois pour les secondes. Dans le même temps, la composante « emploi » a fortement rebondi.

De son côté, l’indice synthétique du secteur non manufacturier s’est également redressé, mettant fin à trois mois consécutifs de baisse.

Cette évolution du climat des affaires en fin d’année laisse penser que la croissance du PIB américain au 4ème trimestre 2011 sera plus soutenue que celle du 3ème trimestre, et laisse envisager la poursuite de l’embellie conjoncturelle aux Etats-Unis au début de l’année 2012


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